Fascisme et grand capital – Daniel Guérin (1936)
Thèse sur la nature et l’origine : Pour Guérin, le fascisme n’est pas un accident de l’histoire mais l’outil ultime du grand capitalisme en crise. Lorsque les mécanismes de la démocratie bourgeoise ne permettent plus de maintenir les profits (crise économique, menace prolétarienne), la grande industrie et les banques financent et propulsent des mouvements de masse réactionnaires pour briser le mouvement ouvrier. Le fascisme est donc une « contre-révolution » préventive.
Arguments principaux :
- Financement occulte : Guérin démontre comment les magnats de l’acier et de la chimie (en Italie et en Allemagne) ont subventionné Mussolini et Hitler pour obtenir l’écrasement des syndicats.
- Mystification des classes moyennes : Le fascisme utilise une rhétorique « anticapitaliste » superficielle pour séduire la petite bourgeoisie ruinée, tout en servant les intérêts des monopoles.
- L’État fort : La bourgeoisie sacrifie ses libertés politiques pour un État fort capable d’imposer une discipline de fer au travail et de préparer la guerre impérialiste.
Moyen de lutte : La seule réponse efficace est la révolution prolétarienne.
Guérin critique l’attentisme des démocraties et prône l’unité d’action ouvrière pour renverser le système capitaliste qui engendre le fascisme.